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Apiculture

Apiculture en Casamance et dans le Sine Saloum

La Casamance est la région Sud du Sénégal comprise entre la Gambie et la Guinée avec une végétation de type savane arborée (Baobab, fromager, manguier, dattier, agrumes …). Durant la saison sèche (8 mois) il y a toujours des arbres en fleurs. Les possibilités en apiculture sont très grandes, les colonies d’abeilles sauvages son très nombreuses. Le « chasseur de miel » se contente de cueillir les rayons en chassant les abeilles par le feu et ils obtiennent du miel de mauvaise qualité dit miel de brousse.

Il existait une apiculture traditionnelle. Dans chaque village un habitant possédait une centaine de ruches (en paille ou en tronc de rônier évidé). La Casamance était autosuffisante en sucre grâce au miel et exportait la cire. Cette apiculture s’est effondrée quand l’Europe a inondé le continent de ses excédents de sucre. Le savoir n’a pas été transmis.

Ruche traditionnelle.

Aussi l’administration sénégalaise s’est efforcée de promouvoir une apiculture moderne pour produire un miel de qualité en quantité. Le ministère de l’élevage a créé le plan de relance de l’apiculture dans les années 1980 avec attribution de ruches modernes pour les villages volontaires.

De 1991 à 1997 un groupe d’apiculteurs du pays de Vannes soutenu par Arradon Terre du Monde a participé à la formation des villageois du département de Bignona (sur la rive nord du fleuve Casamance). Suite aux troubles nous ne pouvions plus nous y rendre et avions porté notre aide au développement de l’apiculture dans la région de Fatick (à la frontière nord avec la Gambie) où les potentialités apicoles sont très importantes du fait de la densité de la mangrove tropicale du delta du Siné Saloum. Les apiculteurs formés produisent un excellent miel de palétuviers «L’or du Saloum»

La paix revenue en Casamance, en 2005, un des apiculteurs d’ATM a visité les villages aidés par l’association et a constaté les progrès mais aussi ce qu’il restait à faire. Il a convaincu ATM de reprendre son aide dans cette région. Le groupement des femmes des 3 villages (Baïla, Diattang et Suelle) souhaitait également une formation (pour débutantes) en apiculture. Le technicien du ministère de l’élevage, qui nous a toujours accompagnés depuis 1990 lors de nos interventions de formation étant devenu un formateur apprécié a ainsi accepté d’intervenir en Casamance. Une semaine de stage pour une vingtaine de femmes et quelques hommes, ATM s’engageant à financer les frais de stages.

Au village de Birassou, toujours en Casamance, nous avons rencontré un apiculteur qui réussissait brillamment sans formation. Ababacar pratiquait une apiculture traditionnelle, produisant un miel de brousse mais immangeable pour un gosier européen. Sa récolte était également un massacre pour les abeilles à grand renfort de piqûres. En 2002 et 2003 nous l’avons invité aux stages à Toubacouta (région du delta du Siné Saloum). Cela a été pour lui une découverte. Nous l’avons doté du minimum (enfumoir, protection, gants). « La récolte est maintenant un enchantement pour moi et pour les abeilles», nous dira Ababacar par la suite. Il a également appris lors des stages financés par ATM à construire des ruches modernes. En 2004 il avait ainsi une centaine de ruches (moitié traditionnelles, moitié modernes) et a produit une tonne de miel de bonne qualité. De plus Ababacar a transmis son savoir aux jeunes de son village et d’une dizaine de villages voisins. Il accepte de recevoir chez lui en stage de formation à la construction de ruches modernes 2 menuisiers de chacun des 3 villages, ATM s’engageant à le soutenir financièrement.

ATM se devait également d’aider cet apiculteur et le groupe de villageois qu’il a formé. A sa demande nous nous sommes engagés à créer la miellerie de Birassou. Le bâtiment et l’acquisition des premiers besoins matériels ont ainsi été financé par l’association moitié en don, moitié en prêt. Et, comme les abeilles africaines sont plus agressives que les abeilles européennes, les récoltes doivent être faites de nuit. Pour cela un panneau solaire, offert par l’association, permet de traiter le miel de façon plus paisible.

Extracteur dans la miellerie de Birassou

En 2009 le GIE UAMB (Union des utilisateurs de la miellerie de Birassou) s’organise de façon plus formelle afin de bénéficier d’une subvention de la Coopération française. Cette subvention permet aux 43 apiculteurs qui se sont engagés dans ce projet de bénéficier d’un apport de ruches. Le choix a été fait de la ruche du type Vautiier: ruche en ciment moins onéreuse et moins sensible aux termites. Elle permet également d’équiper les formateurs de motos ce qui leur permet d’aller plus aisément dans les villages pour apporter leur aide à de nouveaux apiculteurs. Cette aide de la Coopération française était conditionnée par un apport personnel que les membres du GIE ne pouvaient apporter et que l’association ATM a donc prêté avec un échéancier de remboursement.

En 2011 la miellerie de Birassou a traité près de 3 tonnes de miel. Grace à une campagne de publicité efficace une partie de cette récolte, vendue sous l’appellation Casamiel, a reçu un accueil très favorable auprès des commerçants de la zone. Ce miel est vendu en gros aux commerçants au prix de 2500 fcfa (3.75€) les 500 g. Lorsque nous nous sommes rendus en Casamance en Janvier 2012 nous avons dû acheter leur miel dans un commerce car le stock était épuisé! Cette production est donc génératrice de revenus non négligeable pour les apiculteurs.

Le bureau du GIE UAMB avec notre partenaire du ministère de l’élevage.

Aujourd’hui ces apiculteurs formés par ATM dans le Siné Saloum comme en Casamance sont eux même formateurs un peu partout au Sénégal. Pour nos amis de Casamance ils ont le projet d’augmenter encore la production de miel dans leur région et espèrent atteindre 10 tonnes de miel traité. Pour cela ils continuent à expérimenter de nouvelles techniques comme par exemple un système de hausses en bois placées sur les ruches en ciment, un souci très régulier de l’entretien des ruches, etc.

Les ruches Vautier à Baïla – Casamance

Il semble que l’apiculture au Sénégal soit en train de renaître. Peut être pourront-ils même espérer vendre un jour leur production en Europe le jour où nos abeilles ne pourront plus vivre chez nous …..Dans tous les cas aujourd’hui nous ne pouvons que leur laisser la main … Ils savent produire, commercialiser, former et éventuellement trouver des personnes qui leur permettent de progresser encore. Alors bonne chance à eux qui sont devenus maintenant nos amis.

Et pour l’association cela permet de s’engager dans de nouveaux projets de développement.

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