Call US - 214 - 2547 - 142

Home » Actions Là-bas » Ostréiculture dans le Siné-Saloum

Ostréiculture dans le Siné-Saloum

Pour le développement de l’ostréiculture dans le delta du Saloum

Depuis toujours, des huîtres s’accrochent aux racines des palétuviers dans les mangroves du sud sénégalais, dans le delta du Saloum comme en Casamance. La déforestation a anéanti pour longtemps encore une bonne partie de la mangrove de Casamance et le Siné Saloum dispose aujourd’hui à lui seul de 80% de la ressource ostréicole nationale. L’huître, conservée séchée, constitue une protéine animale complémentaire à la viande ou au poisson. Elle est consommée sur place ou commercialisée sur les marchés continentaux nationaux et même étrangers (Mali, Burkina). Le Sénégal a hérité de la colonisation une consommation d’huîtres vivantes limitée à Dakar et aux tables occidentalisées. Sous ces deux formes, les huîtres de mangrove participent à l’alimentation et aux revenus des familles des pêcheurs du Siné Saloum. Leur pêche a presque toujours été assurée par des groupements villageois de femmes. La pression démographique sur ces zones côtières, et donc la surpêche, menacent depuis plusieurs décennies cette ressource naturelle. Les huîtres se font plus rares et les femmes vont de plus en plus loin des villages pour les ramasser. Des expériences d’élevage des huîtres de mangrove ont donc été tentées avec le concours d’institutions ou d’associations humanitaires. Leurs conclusions sont réellement encourageantes.

Une session de formation en 2007

Une session de formation en 2007

Depuis 2005, l’association Vilaine et Saloum, de Nivillac, (devenue aujourd’hui la commission ostréicole d’Arradon Terre du Monde), a financé des sessions de formation à l’élevage des huîtres dans 5, puis 7 villages du delta.

Elle leur a fourni du matériel (tables, couteaux à détroquer et pochons). Plusieurs bassins de stockage ont été construits pour lutter contre une forte mortalité des huîtres.

Le bureau de Vilaine et Saloum, réuni en 2009 à Toubacouta

Le bureau de Vilaine et Saloum, réuni en 2009 à Toubacouta

Parallèlement, une association « Vilaine et Saloum Sénégal » s’est constituée à Toubacouta et assure aujourd’hui un relais déterminant avec les autorités locales. Deux missions d’expertise et de conseil ont été conduites par des ostréiculteurs de la Ria d’Etel. La production des huîtres « élevées » est désormais assez riche de promesses pour que la quasi-totalité des villages côtiers de la zone sollicitent d’entrer dans le dispositif ostréicole. La création toute récente (été 2013) de l’Union des Ostréiculteurs du delta du Saloum doit permettre l’extension et le développement de cette expérience et l’organisation de la filière ostréicole au niveau du Siné Saloum.

 Jean-Noël Yvon, ostréiculteur à Locoal-Mendon, et une ostréicultrice du delta, lors d’une mission en mars 2013

Jean-Noël Yvon, ostréiculteur à Locoal-Mendon, et une ostréicultrice du delta, lors d’une mission en mars 2013

Le premier objectif de cette action est de contribuer à l‘autonomie alimentaire des familles impliquées dans le projet. Il s’agit aussi d’assurer un complément des revenus familiaux dans une région où la soudure entre deux récoltes annuelles devient de plus en plus souvent problématique. Exemple : dans le village de Soucouta, en 2005, les revenus provenant de l’activité du père de famille (pêcheur, agriculteur ou pêcheur-agriculteur) ont été intégralement consacrés à nourrir la famille. Le « surplus » (par exemple les frais de scolarisation des enfants ou l’achat de sacs de riz) a été assuré à 80% par la vente des huîtres, les 20% restants par la vente de fruits ou de légumes. Le deuxième objectif consiste à aider les femmes à améliorer leurs conditions de travail puisque les parcs ostréicoles sont implantés au plus près des villages et limitent ainsi les temps de déplacement. La technique mise en œuvre permet par ailleurs de remplir bien plus rapidement une bassine d’huîtres. Le projet vise aussi à l’émancipation des femmes : il repose sur des périodes de formation technique où elles sont totalement actrices, mais aussi de formation à la gestion, à la transformation des produits, à leur commercialisation, à la comptabilité, à l’organisation de la filière ostréicole… Les aspects techniques de cette formation sont assurés par les ostréiculteurs bretons que Vilaine et Saloum a dépêchés régulièrement sur place depuis 2009 et qui sont dorénavant membres d’ATM.

Comments are closed.